
Comment favoriser une image corporelle positive pour nos enfants?
Saviez-vous que dès l’âge de 4 ans, les enfants peuvent déjà apporter des préoccupations face à l’image corporelle? Dans un monde où les messages sur le corps sont omniprésents, les enfants peuvent développer très tôt une perception de leur apparence. Dès le jeune âge, ils observent, comparent et intègrent ce qu’ils entendent à la maison, à l’école et surtout, dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Lorsqu’un enfant développe des complexes physiques, cela peut avoir des répercussions importantes sur son estime personnelle. Heureusement, les adultes peuvent jouer un rôle clé en accompagnant leur enfant vers le développement d’une image corporelle positive.
Qu’est-ce que l’image corporelle ?
L’image corporelle correspond à la façon dont une personne perçoit, ressent et pense à propos de son corps. Elle tient compte de deux dimensions : la perception (taille du corps, forme, poids) et l’attitude (les pensées, les émotions et comportements reliés au corps). Cette image est en constante évolution, particulièrement chez les enfants, où l’influence de l’environnement et des adultes est déterminante.
Pourquoi est-ce si important ?
Une image corporelle positive chez l’enfant est associée à :
- Une meilleure estime de soi
- Une relation plus saine avec l’alimentation
- Un risque diminué de développer des comportements alimentaires problématiques (TCA)
- Une meilleure santé mentale à long terme
Voici donc aujourd’hui quelques grands concepts à intégrer pour favoriser une image corporelle positive chez l’enfant!
#1 - Adopter un discours sain et nuancé sur l’alimentation
Les enfants sont très sensibles aux messages qu’on transmet sur la nourriture, même de façon indirecte. En attribuant des qualificatifs négatifs aux aliments (exemples : « bons » ou « mauvais »), l’enfant peut finir par développer des sentiments comme la culpabilité ou la peur à l’égard de certains.
Voici quelques exemples de discours plus neutre :
- « Cet aliment est gras, il n’est pas bon » → « On en mange en quantité adaptée, selon notre faim »
- « Il ne faut pas manger de pizza » → « On n’en mange pas souvent, mais on peut certainement en profiter quand c’est au menu »
- « Ne prends pas une si grosse portion » → « Tu peux commencer par ça et voir ensuite si tu as encore faim »
#2 - Prendre conscience de son discours personnel (en tant que parent)
Les enfants apprennent beaucoup par l’exemple, des comportements du parent comme les restrictions alimentaires ou la culpabilité face à certains aliments peuvent influencer leur propre relation à la nourriture et à leur corps.
Il est donc préférable d’éviter de…
- Parler de son propre corps de manière négative (ex : lors de l’essayage de vêtement lors de magasinage)
- Valoriser la minceur ou certains types de corps (ex : faire des remarques à voix haute sur le corps des autres)
- Associer la nourriture à la culpabilité (ex : je vais me permettre un « cheat meal »)
Cela dit, rassurons-nous! Ça arrive d’échapper un commentaire négatif devant l’enfant. Lorsqu’on s’en rend compte, il est toujours possible de se reprendre et de reformuler ses propos. Il ne s’agit pas d’être parfait, mais plutôt de devenir conscient des messages transmis au quotidien.
#3 - Encourager les activités pour le plaisir (et non la performance)
Les enfants commencent à développer un sentiment de compétence dès l’âge de 6 ans (3). Le plaisir et le sentiment d’habileté jouent un rôle central dans le maintien d’une activité physique et dans le développement de la confiance en soi.
À l’inverse, un environnement axé sur la performance ou la comparaison peut nuire à l’estime personnelle et diminuer l’intérêt pour l’activité. C’est d’ailleurs pourquoi la plupart des enfants quittent un sport par manque de plaisir et/ou de compétence dans cette activité (3).
Ce qu’on peut faire concrètement :
- Encourager l’enfant à pratiquer une activité qu’il aime, sans pression.
- Souligner les efforts et les progrès, plutôt que la performance.
- Aider l’enfant à reconnaître ce que son corps lui permet d’accomplir (ex. : courir, sauter, danser).
Psst : Dans certains cas, l’enfant a besoin d’essayer plusieurs activités avant de trouver celle qui fait son bonheur. La patience est la clé !
#4 - Améliorer la littératie par rapport aux médias et réseaux sociaux
Les médias exercent une influence importante sur l’image corporelle, particulièrement chez les jeunes. Les images retouchées et le contenu généré par l’intelligence artificielle rend le discernement du vrai et du faux encore plus difficile (même pour les adultes!). À un âge où l'esprit commence à comparer, il peut être facile de se dire que les modèles suggérés sont idéaux.
Il est préférable d’accompagner l’enfant dans sa compréhension des contenus auxquels il est exposé :
- Questionner l’enfant si ce qu’il voit est réaliste.
- Enseigner que des images sont retouchées pour convenir à des standards de beauté inatteignables.
- Rappeler que la diversité est normale et souhaitable. Le monde serait très ennuyant si on était tous pareils !
Chez les plus jeunes, un certain encadrement peut être nécessaire avec les médias sociaux, tandis que chez les plus grands, le développement de l’esprit critique devient essentiel.
Et si mon enfant fait un commentaire négatif sur son corps?
Ce peut être très déstabilisant, mais l’important est d’accueillir le moment avec ouverture. Plutôt que de minimiser (« voyons donc, ce n’est pas vrai »), on peut :
- Accueillir l’émotion
- Poser des questions
- Explorer ce qui se cache derrière
Une bonne phrase pour amener l’enfant à s’ouvrir est « Qu’est-ce qui te fait dire ça? ».
Favoriser une image corporelle positive repose surtout sur un environnement bienveillant et sans pression. Les mots et les comportements du quotidien jouent un rôle déterminant dans la relation que l’enfant développera avec son corps.
Si l’on suspecte notre enfant de développer un comportement préoccupant avec l’alimentation ou une relation difficile avec son corps, il peut être pertinent d’aller chercher du soutien auprès d’un professionnel. N’hésitez pas à faire appel à nos nutritionnistes, elles sauront discuter avec votre enfant.
Références
- Neves CM, Cipriani FM, Meireles JFF, Morgado FFDR, Ferreira MEC. BODY IMAGE IN CHILDHOOD: AN INTEGRATIVE LITERATURE REVIEW. Rev Paul Pediatr. 2017 Jul-Sep;35(3):331-339. doi: 10.1590/1984-0462/;2017;35;3;00002. Epub 2017 Jul 20. PMID: 28977287; PMCID: PMC5606170.
- Levine, M. P., & Smolak, L. (2016). The role of protective factors in the prevention of negative body image and disordered eating. Eating Disorders, 24(1), 39–46. https://doi.org/10.1080/10640266.2015.1113826
- Foley Davelaar CM. Body Image and its Role in Physical Activity: A Systematic Review. Cureus. 2021 Feb 16;13(2):e13379. doi: 10.7759/cureus.13379. PMID: 33754104; PMCID: PMC7971183.
- https://equilibre.ca/blogue/comment-une-image-corporelle-positive-peut-elle-contribuer-au-developpement-de-mon-tout-petit/
