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Écrit par Chloé Brassard
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Les 5 erreurs nutritionnelles qui nuisent à la fertilité (sans le savoir)

On parle beaucoup de l'alimentation pendant la grossesse, mais on oublie souvent qu'elle joue un rôle tout aussi important avant même la conception. Ce qu'on mange influence directement l'équilibre hormonal, la qualité des cellules reproductrices et la capacité du corps à soutenir une grossesse. En d'autres mots, l'assiette peut devenir un véritable levier pour optimiser la fertilité ou, à l'inverse, lui nuire sans qu'on s'en rende compte.

C'est souvent là que le bât blesse. Plusieurs habitudes alimentaires bien intentionnées (manger faible en gras, sauter des repas, multiplier les suppléments) peuvent en réalité créer des déséquilibres qui compliquent le projet-bébé. On vous présente les 5 erreurs nutritionnelles les plus fréquentes en fertilité, pour mieux les reconnaître et les corriger.

1 - Manger faible en gras

On présente souvent les lipides comme des ennemis à éviter. Or, en matière de fertilité, ce conseil peut faire plus de mal que de bien. Les gras alimentaires jouent un rôle fondamental dans la synthèse des hormones reproductives (œstrogène, progestérone, testostérone), qui régulent directement l'ovulation et la qualité du cycle menstruel. En les réduisant de façon importante, on prive le corps des matériaux dont il a besoin pour fonctionner de façon optimale.

Ce n'est pas le gras en soi qui pose problème, c'est plutôt sa qualité. Des sources comme l'avocat, les noix, l'huile d'olive et les poissons gras apportent des oméga-3 qui contribuent à réduire l'inflammation et à soutenir la santé hormonale. À l'inverse, une alimentation très faible en gras est souvent associée à des irrégularités menstruelles, voire à une anovulation (absence d'ovulation).

2 - Avoir un horaire de repas très variable

Notre corps fonctionne selon une horloge biologique interne, appelée rythme circadien, qui régit non seulement le sommeil, mais aussi la régulation de la glycémie, la sécrétion d'insuline et l'équilibre hormonal. Un horaire alimentaire chaotique perturbe ce rythme, ce qui peut engendrer une résistance à l'insuline et des déséquilibres hormonaux comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Il n'est pas question d'adopter un horaire rigide à la minute près, mais plutôt d'aller graduellement vers une certaine régularité. On vise des repas à des moments relativement stables, en évitant les longues périodes de jeûne involontaires suivies d'un repas très copieux. Ce type de rythme aide le corps à maintenir un environnement hormonal favorable à la conception.

3 - Trop/ pas assez supplémenter

Certains nutriments sont particulièrement importants en période préconceptionnelle et difficiles à combler uniquement par l'assiette — notamment l'acide folique (ou folate), la vitamine D, le fer et la choline. Pourtant, la supplémentation sans encadrement comporte ses propres risques : certains suppléments peuvent interagir entre eux ou devenir contre-productifs à forte dose. Par exemple, un excès de vitamine A sous forme de rétinol peut être tératogène (nuire au développement du fœtus) en début de grossesse.

Avant d'ajouter ou de retirer quoi que ce soit à sa routine, un bilan nutritionnel personnalisé avec un professionnel de la santé permet de cibler exactement ce dont on a besoin — ni plus, ni moins.

4 - Être en déficit calorique

Un léger déficit calorique contrôlé est très différent d'une restriction importante. Dans ce deuxième cas, le corps interprète le manque d'énergie comme un signal de stress et peut interrompre certaines fonctions non essentielles à la survie immédiate, dont la reproduction. En pratique, cela peut entraîner une diminution de la leptine (une hormone liée à la régulation de l'axe hormonal), des cycles irréguliers ou absents, ainsi qu'une réduction de la réserve ovarienne.

Ces effets peuvent survenir même chez des personnes qui ne se sentent pas « au régime », par exemple chez celles dont le niveau d'activité physique est élevé sans que l'apport calorique soit adapté en conséquence. Viser la santé plutôt qu'un chiffre sur la balance, avec un plan adapté à sa réalité, est toujours l'approche la plus durable et la plus sécuritaire.

5 - Ne pas faire de bilan nutritionnel

La fertilité est un domaine profondément individuel : les antécédents, le profil sanguin, la digestion, le cycle et les habitudes alimentaires sont propres à chacun. Ce qui fonctionne pour une personne peut être tout à fait inadapté pour une autre.

Un bilan nutritionnel avec une nutritionniste spécialisée permet d'évaluer les apports réels, d'identifier les carences qui pourraient nuire au projet-bébé, et de mettre en place un plan de match personnalisé et réaliste. C'est aussi l'occasion d'aborder des aspects souvent négligés (santé intestinale, gestion du stress, équilibre glycémique) qui jouent tous un rôle dans l'environnement hormonal.

L'alimentation en période préconceptionnelle, c'est bien plus que de « bien manger» . C'est préparer le terrain pour accueillir une grossesse dans les meilleures conditions possibles. Les erreurs présentées dans cet article sont courantes, souvent involontaires, et surtout, corrigeables. Pas besoin de tout changer du jour au lendemain : une approche graduelle, adaptée à sa réalité, fait toute la différence.

Vous avez un projet-bébé et souhaitez optimiser votre alimentation? Notre équipe de nutritionnistes spécialisées en fertilité est là pour vous accompagner avec un plan de match personnalisé, concret et adapté à votre situation. Prenez rendez-vous dès aujourd'hui!

FAQ Nutrition & Fertilité

Ma nutritionniste peut-elle communiquer avec ma clinique de fertilité?

Oui, avec votre consentement, la nutritionniste peut tout à fait collaborer avec votre équipe médicale afin d'assurer un suivi cohérent et bien coordonné.

J’ai un projet-bébé. Quand est-ce que je dois commencer une démarche en nutrition?

Le plus tôt est le mieux, soit idéalement trois à six mois avant la conception, pour avoir le temps d'optimiser graduellement les habitudes alimentaires et de corriger d'éventuelles carences.

Ma nutritionniste a-t-elle accès à mes tests demandés par ma clinique de fertilité?

Avec votre consentement, la nutritionniste a accès au Dossier Santé Québec (DSQ), ce qui lui permet de consulter vos résultats de laboratoire et d'adapter ses recommandations en conséquence.

Je n’ai pas de problème de fertilité à proprement dit. Puis-je quand même consulter pour une future grossesse?

Absolument, et c'est même l'idéal ! Une consultation préconceptionnelle permet de bien préparer le terrain nutritionnel avant la grossesse, peu importe si tout se passe bien de votre côté.

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